Le chaos granitique de St Just.

(Video ici 14 Mo)

Sur ces images, j’ai tenu à vous exposer ce que peut offrir le granite de Margeride en terme de grimpe, et plus particulièrement de bloc.

Je sais bien que vous vous trouvez dans un espace plutôt aquatique que rupestre, cependant vous pouvez trouver aussi un certain intérêt à l’escalade. Car il faut croire que kayak et grimpe sont deux activités assez proches, de nombreux grimpeurs étant devenus ensuite kayakistes et vice-versa. Peut-être même vous êtes vous reconnus. Bref, en tant qu’ex kayakiste reconverti grimpeur et parfois rider-alpiniste, je viendrai parfois amener quelques images de roches de glaces et de neiges qui ne feront qu’enrichir ce monde tout autant minéral !

 

Voici quelques informations complémentaires pour ceux qui seraient intéressés par le site de St Just :

  • Rocher : Granite à très gros grain (la plus grosse cristallisation d’Europe !)

offrant de nombreux styles (dalles, dévers, plats, jetés,…). Mais ça broute… !

  • Orientation : Etant posé au sommet d’une colline, vous pourrez trouvez du

soleil et de l’ombre durant toute la journée sur le secteur principal.

Grimpable de mars à novembre et même plus si vous ne craigniez pas le froid et que les blocs sont déneigés (très agréable l’été car à peu près frais et aéré).

  • Accès : La Margeride est un massif à cheval sur la Lozère, le Cantal et la Haute-

Loire.

Pour accéder au chaos de St Just depuis Clermont (1h30): A75 direction Montpellier, sortie n°31 « Aire de la Lozère » à La Garde, traverser La Garde direction Ruyne-en-margeride, passer sous le pont de l’autoroute puis tout de suite à gauche au panneau « St Just », à St Just traverser puis sortir à gauche du village, traverser le village de Recoux, poursuivre sur la route qui contourne la colline puis à droite au chemin avant l’intersection, le chaos est sur le chemin à droite (on voit les trois croix du sommet du chaos à partir de Recoux).

  • Le topo : Un dépliant sur le site est disponible au village de St Just au bar « le

15-48 ». Les voies sont fléchées et numérotées.

A vous de jouez !

 

 

 

Aiguille de Sialouze

(video ici 9Mo)  

Mi-septembre, j’appelle Thomas, un cousin rider-alpiniste, compagnon de nombreuses aventures. Nous sortons tous deux d’un été fort triste : il s’est coupé un tendon de la main en soirée, quant à moi, j’ai trouvé le moyen de me faire une cheville en bloc. Et tout ceci au printemps, début de la saison de grande-voie, d’alpi,… !

Bref, je l’appelle au retour de Belledone où nous venons de nous croiser l’espace d’un bivouac joliment sauvage : « Bon, ça à l’air d’aller mieux ta main. Quoi ? C’est pas le top non plus ? Moi non plus mais là ça fait trop longtemps que j’ai pas chaussé les grosses. T’as des jambes, j’ai des bras, alors à deux, on fera bien un grimpeur en état ! Moi j’pensais à Sialouze, tu sais dans les Ecrins, le bout de cailloux qu’on voyait depuis le Pelvoux l’an dernier ? »

Et voilà le projet lancé… L’objectif : faire la marche d’approche et l’Aiguille de Sialouze (3576 m) en un jour, quitte à dormir une nuit en refuge au retour parce que je bosse le lendemain soir sur la Lozère.

Ne reste plus qu’à attendre deux week-end de plus que la météo s’améliore, et nous voilà parti pour Ailefroide, à l’entrée du fabuleux Parc National des Ecrins.

 

J’arrive vendredi avec une bonne demi-journée d’avance sur mon compère haut-savoyard. Il faut dire qu’il a un peu moins de bornes à faire. Moi, j’veux en profiter un max après huit heures de bagnole depuis Clermont-Ferrand !

Je débutes donc mon séjour dans les Hautes-Alpes par une bonne session bloc pour m’acclimater au rocher, en solo de chez solo : la saison est finie, et le village pourtant largement fréquenté par les amoureux de la montagne l’été est complètement vide… Où presque, il reste un vieux local qui vient de fermer les refuges estivaux de la vallée et me file quelques bonnes infos sur les conditions en montagne et les prévisions pour les jours à venir. Résultat : ça a neigé en altitude toute la semaine donc les vires doivent être un peu glissante là-haut, et puis y reste plus le refuge d’hiver d’ouvert. Deux paramètres nouveaux mais pas insurmontables.

Thomas arrive à minuit seulement et me réveille par la même occasion. Je lui fais donc part des nouvelles et nous décidons de partir au petit matin… on verra bien une fois au pied de la face.

 

Réveil à 5h avec l’impression d’avoir dormi une demi-heure, on sort du Kangoo. « Ah ! Il pleut, et merde ! Bon, on va déjeuner et pis ça va passer. »

Ca persiste encore deux bonnes heures que nous faisons passer patiemment tant bien que mal en se disant que ça va reposer de la neige en altitude. Nous partons enfin par un temps plus que nuageux dans la vallée du Sélé, la tête toute enfumée et les jambes engourdies.

Une heure plus tard, le soleil perce et les sommets sortent leur tête des nuages laissant apercevoir la neige qui s’est déjà accumulée dès 2000 m ! Mais dans quel état est l’Aiguille, quelques 1000 m au-dessus ? Pour le savoir, il faut avancer sur les dalles enneigées, d’abord jusqu’au refuge, où nous laissons quelques affaires. Puis direction le glacier au pied de l’Aiguille. Hourra ! Elle presque dégagée grâce à son orientation. Seule 2-3 vires et dalles inclinées sont humides.

Et c’est parti pour huit longueurs verticales, plus l’accès à l’arête, et enfin le sommet (450 m).

Thomas part sur la première longueur pour se mettre un plomb au deuxième mètre et retomber sur le glacier, on mettra ça sur le compte des chaussons mouillés. Il repart, pose deux friends, et rebelotte !

Alors je le relais puis enchaîne la quasi totalité des longueurs en tête, Thomas ayant de plus en plus de mal à serrer les prises.

Le problème, c’est qu’on a perdu un peu de temps avec ce départ tardif. Arrivé sous l’arête, il nous faut donc redescendre, si on veut taper les rappels avant la nuit. Tant pis pour le sommet, on a fait le plus beau : 8 très belles longueurs continues, longues, variées, et sur un très bon granite vraiment pur… que du bonheur !

Et nous voilà en bas avec le froid et les grosses à rechausser sur le glacier. Puis redescente jusqu’au refuge que nous rejoignons à 21h, histoire d’embêter les cordées arrivées dans la journée, et aimeraient bien dormir. Un guide nous offre son reste de rouge, nous validons tout ça et dodo.

La fin de cette histoire, c’est un magnifique réveil au cœur des Ecrins, face à l’Ailefroide et ses trois sommets, suivi de la descente dans la vallée, d’une bonne bière, et du retour à la dure réalité de la route et du boulot de pion en Lozère.

 

 

 

François.

 

La roche décollée

(la video ici 6Mo)

La roche décollée, c’est le bout de cailloux qu’on peut vraiment pas louper quand on se rend dans les gorges de la Jonte (parallèles aux gorges du Tarn et d’ailleurs très belles à naviguer quand y a de l’eau). C’est aussi le truc qui faut grimper au moins une fois pour l’ambiance et la « classe » des voies qu’elle peut offrir (qui vont du 5 au 8).

Du coup, j’l’avais en tête depuis un bon moment et puis j’ai fini par me décider en 2004 pour « l’Arête ouest », the classique sur la roche. J’en avais parlé à Anne (encore une kayakiste-grimpeuse, de Toulouse) qui connaissait déjà bien le coin. Nous voilà donc parti un lendemain de soirée BTS bien arrosée… peut-être trop ! Anne grimpe la première longueur tant bien que mal, je la rejoins, surmotivé et là elle me dit un truc du style « J’en peux plus, j’ai mal au crâne, j’ai trop bu, j’y arriverais jamais. » Et mince, fin du voyage après 1h30 de route, une bonne marche d’approche et 35 m de voie. Mais j’ai pas dis mon dernier mot.

 

Un an plus tard, 2 ème année de BTS et un peu plus d’expérience avec le calcaire dolomitique du Tarn et de la Jonte, j’ai une soudaine envie de grande voie dans le coin. L’idée de retourner sur l’Arête ouest me reviens alors en pleine soirée, toujours largement arrosée, en plein mois de février. J’en parle donc à Jé (un bloqueur de Digne) vers les 1h00 du matin qui semble, à cette heure là super motivé : « Tu verras, c’est magnifique ! En plus , ils annoncent grand beau pour demain. » Et lui, entre deux cônes : « Ouais man, pas d’soucis, ça roule, mais laisse moi un peu dormir demain ! »

Le lendemain matin, 9h, j’embarque tout le matos et pars réveiller Jé à St Chély. La température extérieur doit alors être de

–5°C et y a du vent. Il se réveille péniblement et me prend pour un fou. Je lui dis que j’l’emmerde et qu’il avait qu’à pas faire le malin hier soir. Il finit par se motiver, on sort faire quelques courses et c’est parti.

Sur la route, on se demande si y va faire un peu plus chaud sur la Jonte, à 100 Km au sud. Verdict au pied des Gorges : on a dû gagner 5°C, c’est presque au dessus 0 mais le vent…

La marche d’approche nous réchauffe bien et le soleil tape un peu sur l’Arête. Retour au point de départ d’y a un an. Le temps qu’on s’équipe, que Jé en fume un petit (ça faisait quand même 12h qu’il avait pas fumé !), et nous voilà lancés.

La voie en tant que telle, elle est pas bien dure, c’est 5c-6a-5c avec la cotation assez stricte de la Jonte tout de même. Mais avec l’onglet aux pieds et aux mains, c’est beaucoup moins simple, surtout pour des gens habitués au climat méditerranéen comme Jé. Bref, il sort la première longueur, j’ouvre les deux autres et ça finit par passer.

Au final, mon compagnon m’en veut un peut d’l’avoir fait grimper dans de telles conditions mais c’est tellement beau là-haut…

 

J’espère que les images vous ont plu. Sachez en tout cas, pour ceux qui grimpent, que ce coin est une mine d’or à découvrir absolument. A la vôtre,

Tchuss.